Violents incidents à l'école et au collège
Eric Bureau et Marjorie Corcier
vendredi 15 février 2008 | Le Parisien

Des tirs sur le collège Fabien. Ce collège en pleine rénovation a fermé hier à 14 h 15, après que les enseignants présents ont exercé leur droit de retrait. Le matin, vers 10 heures, la fenêtre d'une salle de cours a été touchée par cinq tirs de pistolet à air comprimé.

Une classe de 3 e s'y trouvait, mais personne n'a été blessé. Les petites billes de plomb ont été stoppées par le double vitrage. « C'est un accident isolé mais grave, qui fait suite à un jet de bombe lacrymogène dans l'établissement plus tôt le matin, explique un professeur. Ni notre direction ni l'inspection académique n'ont réagi en prenant des mesures sérieuses. » Deux ou trois silhouettes ont été vues à l'extérieur du collège après les tirs. Le principal, Jean-Claude Bachouchi, a déposé plainte dans l'après-midi. « Je comprends l'émotion que cela a créé, dit-il. Mais c'est une bêtise de gamins, sans intention de blesser. C'est le premier incident depuis que je suis arrivé, il y a un an et demi. J'espère que tout le monde va garder son bon sens. » Après la sortie « chaotique » des 700 élèves, les policiers sont intervenus pour disperser des regroupements autour d'une supérette. Onze classes saccagées à l'école élémentaire Madigou. Le saccage a eu lieu mercredi soir vers 18 h 30. Ce n'est qu'à leur arrivée hier matin que les instituteurs ont découvert le désastre. « Des étagères ont été jetées à terre, des vitres brisées. Il était impossible d'accueillir les élèves », raconte Fernando Manzoni, enseignant du groupe scolaire, qui explique que l'établissement a déjà fait l'objet de plusieurs intrusions. « Une fois, c'est le réfectoire qui s'est retrouvé inutilisable, puis la maternelle qui a été inondée », poursuit-il. Aujourd'hui, la journée sera banalisée à Diez-Madigou-Saint-Léger et une rencontre est prévue avec les parents. La manifestation qui suivra cet après-midi vise à réclamer la présence d'un représentant de la mairie au conseil d'école extraordinaire qui se tiendra demain. Agressions en série à Pasteur-Calmette-Floréal. Les enseignants de ce groupe scolaire tout proche se joindront à la manifestation. Dans une lettre ouverte adressée au maire mercredi, directeurs et instituteurs dressent l'inventaire des agressions subies depuis la rentrée. Après deux vols de voitures d'enseignants et le « pillage » du matériel de la représentante d'un éditeur, ils déplorent depuis une semaine l'agression et le vol de la voiture d'une orthophoniste qui sortait de l'école, le vol de la moto de l'architecte qui travaille sur la rénovation du quartier et une tentative d'agression mardi soir de deux enseignants dans l'école. Les 46 signataires dénoncent « une situation invraisemblablement désastreuse à Saint-Denis ». L'inspection académique et la mairie dans les écoles aujourd'hui. Marc Bablet, l'inspecteur d'académie adjoint, souhaite relativiser ces incidents. « Dans les écoles Calmette et Pasteur, les vols s'étalent sur plusieurs mois, tempère-t-il. Il ne faut pas croire à un déchaînement de violence. » Il se rendra aujourd'hui dans l'établissement « pour rechercher des solutions avec la police et la mairie » et se penchera également sur la sécurisation du collège Fabien. Le maire, Didier Paillard (PC), ira à l'école Madigou dès ce matin. « Nous condamnons tous ces incidents, mais nous ne comprenons pas pourquoi les cours ne reprennent pas alors que tout a été remis en ordre », souligne-t-on à la mairie. Un groupement local de traitement de la délinquance a été créé il y a quelques mois dans le quartier Floréal, qui habrite l'école Calmette, rappelle le maire, déplorant qu'il n'ait été suivi que de peu d'actions. Celui-ci a également demandé à Michèle Alliot-Marie de mettre la police de proximité dans ce quartier. « C'est celui qui en a le plus besoin aujourd'hui », estime Didier Paillard.